Prenons le large !

Cartographie des habitats marins en zone subtidale

13 juin 2024

Six années après la validation du plan de gestion du Parc, de réelles investigations cartographiques sur les habitats ont été mises en œuvre en zone subtidale, dans l’optique d’améliorer la connaissance scientifique et d’aider à la prise de décisions. Grâce à un choix de techniques de cartographie adaptées, il est également possible de voir ces habitats. Rappelons que ces habitats (sableux, vaseux ou rocheux) ne sont pas inertes : ils hébergent une biodiversité bien particulière, voyez plutôt !

Banc de maërl près de Saint-Martin-de-Ré

Banc de maërl près de Saint-Martin-de-Ré

Mathieu Foulquié

Banc de maërl près de Saint-Martin-de-Ré

Mathieu Foulquié

Herbiers de Zostère naine (Zostera noltei)

Herbiers de Zostère naine (Zostera noltei)

Aurélie Dessier / OFB

Herbiers de Zostère naine (Zostera noltei)

Aurélie Dessier / OFB

Récif d'hermelles (Sabellaria alveolata)

Récif d'hermelles (Sabellaria alveolata)

Amandine Eynaudi / OFB

Récif d'hermelles (Sabellaria alveolata)

Amandine Eynaudi / OFB

Algues dans le secteur du banc de Cordouan

Algues dans le secteur du banc de Cordouan

Aurélie Dessier / OFB

Algues dans le secteur du banc de Cordouan

Aurélie Dessier / OFB

Une grande diversité d’habitats dans le Parc

Variés et fascinants, les habitats benthiques, plus communément appelés « fonds marins », constituent les fondements de la vie marine. Du rocheux au sableux, en passant par le vaseux et le bio-construit, ces milieux abritent une multitude d'espèces et constituent un élément majeur des écosystèmes marins. Les habitats benthiques jouent des rôles cruciaux pour la biodiversité, en assurant des fonctions de nourricerie (zone où les individus juvéniles se nourrissent et poursuivent leur développement), de frayère (zone de reproduction pour les poissons) ou de repos, pour la faune et la flore marines. Au sein du Parc, la préservation de ces habitats, au nombre de douze, est d'une importance capitale. Parmi eux, on compte notamment des habitats vaseux, des habitats rocheux et des habitats biogéniques, façonnés par les espèces qui les constituent, comme par exemple les récifs d’hermelles, de petits vers marins tubicoles (qui vivent dans les tubes qu’ils construisent).

La cartographie de ces habitats, essentielle pour le Parc, est réalisée grâce à diverses techniques telles que la photo-interprétation d'images aériennes ou satellitaires, les observations en plongée ou les photos sous-marines associées à des prélèvements biologiques et sédimentaires. Cette connaissance précise permet de guider les décisions de gestion et les recommandations pour la protection de ces écosystèmes fragiles.

La zone subtidale, kezako ?

« Tidal » est un adjectif désignant ce qui est relatif à la marée. Ainsi, la zone « intertidale » désigne la zone située entre la marée basse et la marée haute, soumise au balancement des marées, que l’on appelle également l’estran. La zone subtidale est située en-dessous, c’est une zone toujours située en deçà des variations du niveau de l’eau en mer dues aux marées. Elle est toujours immergée, couverte d’eau.

Le subtidal vaseux

Les vasières subtidales peuvent être observées grâce aux images récupérées lors de la descente d’une structure composée d’un trépied et d’une caméra. Les vasières au large du Parc, à environ 10 miles nautiques (environ 16 km) de la Côte sauvage, abritent des langoustines, cachées au fond de leurs terriers dans la vase, des dragonnets qui s’y nourrissent de petits crustacés et coquillages ou encore des comatules qui se dressent au-dessus des ophiures (animaux proches des étoiles de mer, de l’embranchement des échinodermes). Ces photos, acquises en grand nombre, permettent une appréciation spatiale de cette vasière subtidale. Leur analyse est une première étape pour mieux comprendre les fonctionnalités de cet habitat.

Cette prestation de mise à jour cartographique sur les vasières subtidales a été permise grâce au co-financement du Fonds Européen de Développement Régional FEDER ex-Poitou-Charentes dans le cadre de la démarche zone de protection forte du Parc. Cette mise à jour a permis de mieux localiser cet écosystème à enjeu majeur de préservation pour le Parc et prioritairement concerné par les travaux protection forte.

Ophiures et comatules en zone de vasière subtidale

Ophiures et comatules en zone de vasière subtidale

IDRA Bio Littoral

Ophiures et comatules en zone de vasière subtidale

IDRA Bio Littoral

Dragonnet en zone de vasière subtidale

Dragonnet en zone de vasière subtidale

IDRA Bio Littoral

Dragonnet en zone de vasière subtidale

IDRA Bio Littoral

Calamar en zone de vasière subtidale

Calamar en zone de vasière subtidale

IDRA Bio Littoral

Calamar en zone de vasière subtidale

IDRA Bio Littoral

Terrier de langoustine en zone de vasière subtidale

Terrier de langoustine en zone de vasière subtidale

IDRA Bio Littoral

Terrier de langoustine en zone de vasière subtidale

IDRA Bio Littoral

Cartographie des zones de vérification du subtidal vaseux dans le Parc

Cartographie des zones de vérification du subtidal vaseux dans le Parc

Cartographie des zones de vérification du subtidal vaseux dans le Parc

Dans le cadre de ce projet, une synthèse des données historiques et un rapport final d'analyse ont été produits et sont en ligne sur le plan de gestion dynamique :

Le subtidal rocheux

Comme pour les vasières subtidales, ces fonds rocheux ont pu être cartographiés à l’aide du même dispositif de caméra. Des plongeurs ont également parcouru une partie de ces zones afin d’affiner l’observation des fonds réalisée par caméra. Ils ont ainsi pu examiner et répertorier l’ensemble des êtres vivants (faune et flore) sur ces fonds.

Situés entre 10 et 25 mètres de profondeur au niveau des pointes des îles de Ré et d’Oléron, ces fonds rocheux subtidaux abritent des espèces de faune fixée comme les éponges, les gorgones, les étoiles de mer... A l’ouest de l’île d’Oléron, où ont été réalisées ces vérifications terrains, ces roches forment un platier rocheux surplombé de quelques petites têtes de roches et d'anfractuosités. Ces vérifications ont permis de mettre à jour une zone de 35 km² de roches à l’ouest du plateau de la Chardonnière, situé à l’ouest de l’île d’Oléron.

Ces vérifications ont également permis de mettre en évidence 13,6 km² de roches situées entre 1 et 5 mètres de profondeur, au niveau des plateaux des Duraignes et d’Angoulins, dans le pertuis d’Antioche.

Cette prestation de mise à jour cartographique de certaines zones rocheuses du Parc a été permise grâce au financement du Fonds Européen pour les affaires maritimes et de la pêche FEAMP dans le cadre du projet d’analyse risque pêche porté par le Parc (projet ARPEGI). Cette mise à jour a permis d’améliorer les connaissances sur la localisation et la composition de ces habitats à enjeu majeur de préservation pour le Parc.

 

Vérifications terrain en zone de subtidal rocheux

Vérifications terrain en zone de subtidal rocheux

IDRA Bio Littoral

Vérifications terrain en zone de subtidal rocheux

IDRA Bio Littoral

Vérifications terrain en zone de subtidal rocheux

Vérifications terrain en zone de subtidal rocheux

IDRA Bio Littoral

Vérifications terrain en zone de subtidal rocheux

IDRA Bio Littoral

Platier rocheux à l’ouest de l’île d’Oléron : tête de roches et anfractuosités

Platier rocheux à l’ouest de l’île d’Oléron : tête de roches et anfractuosités

IDRA Bio Littoral

Platier rocheux à l’ouest de l’île d’Oléron : tête de roches et anfractuosités

IDRA Bio Littoral

Cartographie des zones de vérification du subtidal rocheux dans le Parc

Cartographie des zones de vérification du subtidal rocheux dans le Parc

Cartographie des zones de vérification du subtidal rocheux dans le Parc

Pour en savoir plus sur le projet ARPEGI, retrouvez la fiche projet en ligne sur le plan de gestion dynamique :

Et après ?

Le Parc porte actuellement des projets structurants afin d’accompagner le développement durable des activités humaines. Ces résultats devront permettre une meilleure considération de l’environnement subtidal. Les rapports d’études ainsi que les données recueillies sont accessibles sur le site web du plan de gestion du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis.