Nidification du Gravelot à collier interrompu : la saison commence !
La saison de nidification du Gravelot à collier interrompu (GCI) démarre sur le littoral du Parc naturel marin. Espèce protégée et vulnérable, cet oiseau discret revient chaque année sur nos plages y pondre ses œufs. Pour la septième année consécutive, le Parc et ses partenaires se mobilisent autour de sa protection en recensant les oiseaux, protégeant les nids et en sensibilisant les usagers des plages.
Le Gravelot à Collier Interrompu
De petite taille, le GCI se déplace sur le sable à pas rapide, il est en alerte permanente face à une menace. De ce fait, il est particulièrement sensible au dérangement. Il évolue sur les hauts de plage, là où la laisse de mer se dépose et contribue à la fixation du sable et à son enrichissement organique, propice au développement de la végétation du pied de dune et d’une petite faune d’invertébrés, source de son alimentation. Il pond, sur le sable entre des galets, morceaux de bois flottés et débris d’algues, 2 à 3 œufs. Le nid, ainsi à découvert, est d’autant plus vulnérable aux piétinements animal et humain, au nettoyage de plage et à la prédation. Le mâle et la femelle se relaient pour couver et l’incubation dure environ 26 jours.
Migrateur, le gravelot passe l’hiver en Afrique de l’Ouest ou le long du pourtour méditerranéen, même si des individus sont observés dans le secteur toute l’année.
Dès la mi-mars, il regagne les côtes européennes pour se reproduire, avec les premières pontes observées dès la mi-avril. Entre mai et juillet, les poussins quittent le nid quelques heures seulement après l’éclosion. L’élevage dure environ quatre semaines, jusqu’à l’envol. Si la première nidification échoue, les couples peuvent tenter une ou deux pontes de remplacement au cours de l’été.
Vers la fin du mois d’août, la population atteint son effectif maximal et les regroupements d’oiseaux marquent la fin de la période nuptiale. Les gravelots se préparent alors à migrer vers leurs quartiers d’hiver.
Un bilan 2025 satisfaisant
Les suivis réalisés en 2025 permettent de dresser un bilan prometteur pour notre littoral et sa biodiversité. Chaque mois, une cinquantaine d’observateurs ont parcouru les plages, et grâce à leur vigilance, le nombre d’observation a constitué un record inédit pour notre territoire.
• 173 km de plages prospectés chaque mois par une cinquantaine
d’observateurs
• 146 couples détectés en juin (jusqu’à 219 avec le banc de sable de Cordouan)
• 285 nids protégés
• 317 poussins éclos, un record depuis les suivis au sein du Parc !
À l’échelle locale, le gravelot est menacé par :
• la destruction des nids : divagation des chiens non tenus en laisse, circulation d’engins motorisés, nettoyage mécanique des plages, activités balnéaires et pratiques sportives, urbanisation du littoral, piétinement, etc. ;
• le dérangement des couples lorsqu’ils couvent génère un risque d’abandon du nid. Si les œufs ne sont pas couvés pendant un certain temps, il n’y aura pas de poussins !
Comment contribuer à sa protection ?
Le Gravelot à collier interrompu est une espèce protégée en France et l’atteinte à ses spécimens est fortement sanctionnée par la loi. Il est considéré comme "vulnérable" dans le classement de la liste rouge des oiseaux nicheurs.
Pour sa survie :
• je respecte la règlementation, en contournant les zones de tranquillité
• je tiens mon chien en laisse et le garde à mes pieds
• je reste à plus de 50 mètres des adultes, des nids et des poussins
• je privilégie le bas de plage (sable mouillé) pour me promener
• je ne piétine pas la laisse de mer en haut de plage
Les déranger peut vous coûter cher …
En France, les gravelots bénéficient d’une protection légale stricte. Les trois espèces que l’on peut observer sur nos côtes — le Grand Gravelot, le Petit Gravelot et le Gravelot à collier interrompu — sont protégées sur l’ensemble du territoire (article R411-1 du Code de l’environnement et arrêté du 29 octobre 2009). Il est important de savoir que perturber volontairement ces oiseaux peut être sanctionné par une contravention de 4e classe, soit une amende pouvant aller jusqu’à 750 €. Les inspecteurs de l’environnement du Parc et d’autres administrations sont habilités pour réprimer toute perturbation volontaire des gravelots. De même toute destruction d’un œuf, nid ou de l’oiseau est punissable de 3 ans de prison et 150 000 euros d’amende.
Des contrôles réguliers sont effectués sur les sites fréquentés par ces oiseaux. Parallèlement, l’équipe du Parc, en collaboration avec ses partenaires, mène des actions de sensibilisation afin de mieux faire connaître ces espèces et de rappeler l’importance de leur préservation pour que nous partagions la plage en bonne entente !
Un réseau d’acteurs engagés à l’échelle du Parc
Pour soutenir la protection et la gestion de la reproduction du GCI, le Parc a mis en place un réseau d’acteurs engagés sur son territoire. Ces partenaires, impliqués dans le suivi, la protection et la sensibilisation du public au respect des mesures de préservation, comprennent : des services de l’État (DREAL et DDTM) et de ses établissements publics (services départementaux de l’Office français de la biodiversité, l’Office national des forêts, le Conservatoire du littoral), des collectivités territoriales, du SMIDDEST, des réserves naturelles nationales, des gestionnaires de sites Natura 2000, de la Ligue pour la protection des oiseaux, des associations de protection et d’éducation à l’environnement.
Ensemble, ils mènent des actions concrètes pour préserver cette espèce. L’ensemble des données collectées à l’échelle du littoral du Parc nourrissent l’action nationale « On marche sur des œufs » portée par le Conservatoire du littoral, l’OFB, l’ONF et Rivages de France.