Des tests pour réduire les captures accidentelles en mer

18 mai 2026

Dans le cadre du projet Life espèces marines mobiles (EMM), des dispositifs d’effarouchement visant à réduire les captures accidentelles de mammifères et d’oiseaux marins sont testés dans le Parc depuis fin 2025. Cinq navires de pêche professionnels (quatre palangriers et un fileyeur) se sont engagés pour tester deux types de dispositifs afin de limiter les interactions entre engins de pêche et espèces sensibles aux captures accidentelles, telles que les Marsouins communs, Guillemots de Troïl, Fous de Bassan et Mouettes tridactyle.

Identifier les risques pour mieux agir : les apports du projet ARPEGI

Avant de développer des solutions opérationnelles, il était indispensable de comprendre précisément où, quand et avec quels engins survenaient les interactions les plus sensibles dans le périmètre du Parc. Le projet ARPEGI (Analyse Risque Pêche) a permis d’étudier les pratiques professionnelles, les zones d’activité, les saisons et zones de présence des espèces protégées pour identifier les périodes et zones les plus à risques de captures accidentelles.

Ces analyses ont identifié quatre couples « engin / espèces » nécessitant des mesures prioritaires :
•    Palangriers (automne–hiver) : risques pour la Mouette tridactyle et le Fou de Bassan, attirés par les appâts lors des différentes phases de pêche.
•    Fileyeurs (automne–hiver) : risques pour le Marsouin commun et le Guillemot de Troïl, susceptibles de ne pas détecter les filets. 

 

Des navires engagés dans l’expérimentation

Cinq navires du territoire participent aux tests des dispositifs retenus :
•    quatre palangriers : deux basés aux Sables-d’Olonne, un à La Cotinière et un à Boyardville ;
•    un fileyeur, également basé aux Sables-d’Olonne.

Le nombre de fileyeurs engagés reste limité, la majorité étant déjà mobilisée dans le Plan d’Action Mammifères Marins mis en œuvre à l’échelle du golfe de Gascogne. Néanmoins, d’autres pêcheurs sont amenés à s’engager prochainement.
 

Les dispositifs testés dans le cadre de LIFE EMM

Le projet Life EMM vise à développer des mesures techniques simples, adaptées aux pratiques existantes et capables de réduire efficacement les captures accidentelles. Deux types de dispositifs sont testés depuis la fin 2025 :

1. Cerfs-volants effaroucheurs – testés par quatre palangriers
Les quatre palangriers expérimentent un dispositif d’effarouchement aérien : un cerf-volant est déployé au-dessus des lignes lors des phases sensibles (filage, virage, eviscération). Son mouvement en hauteur a pour but de dissuader les oiseaux marins, particulièrement attirés par les appâts. Déjà expérimentés dans plusieurs pêcheries internationales, ces cerfs-volants pourraient constituer une solution efficace et facilement intégrable.

2. Ralingues détectables par écholocalisation – testées par un fileyeur
Un fileyeur teste une ralingue conçue à partir de matériaux capables de renvoyer efficacement le signal d’écholocalisation des marsouins, améliorant ainsi la détection du filet. Ces matériaux ont été évalués par IFREMER avant leur mise en mer. Il s’agit de la première expérimentation en conditions réelles pour ce dispositif.
 

Une action construite avec les pêcheurs et les scientifiques

Ces essais reposent sur une forte mobilisation des pêcheurs engagés et de leurs organisations professionnelles (comités des pêches et organisations de producteurs). Leur participation est essentielle pour tester les dispositifs dans des conditions réelles de terrain, évaluer leur faisabilité et mesurer leur acceptabilité. Les tests s’appuient à la fois sur les observations réalisées par les pêcheurs et par des observateurs embarqués.
Ils sont coordonnés à l’échelle nationale par l’OFB en concertation avec le Comité national des pêches, les experts scientifiques et les services de l’Etat. Ensemble, ils ont identifié une vingtaine de dispositifs différents et défini les protocoles de recueil des données.
Sur le Parc, depuis fin décembre 2025 à fin mars 2026, 207 jours de tests ont été réalisés par les palangriers (dont 52 avec observateurs) et 38 par le fileyeur (dont 13 avec observateur).

Les résultats de cette première phase de test guideront les prochaines étapes du projet. S’ils s’avèrent efficaces, ces dispositifs pourraient être déployés plus largement sur le territoire à partir de 2028, auprès d’un plus grand nombre de navires. De nouvelles expérimentations avec de nouveaux dispositifs sont également prévues cette année, avec ces mêmes navires mais aussi auprès de nouveaux pêcheurs souhaitant s’engager dans ces campagnes de tests.